Flesh and Blood: matchups, sideboarding and building your 80-card deck

Tes 60 cartes fonctionnent et exécutent leur plan. Maintenant, la question change : comment le deck performe-t-il contre les decks que tu vas affronter, et quelles devraient être les 20 cartes de ton sideboard?

 

Régler les problèmes de matchups

Si ton deck a été bâti pour battre un héros en particulier, commence par là. Sinon, commence par les decks bien représentés et performants lors des événements compétitifs récents. La logique est simple : si ton deck perd contre trop de decks du top, il n'est pas viable en compétition et tu veux le savoir tôt.

Joue d'abord tes 60 cartes de base dans le matchup, même si tu soupçonnes déjà avoir besoin d'autres outils. Savoir à quel point le matchup est serré t'indique combien d'espace de sideboard il mérite, et parfois la réponse est aucun, parce que le matchup était déjà correct.

Pendant que tu joues, cherche ce qui va mal ou bien. Voici quelques patrons courants et les réponses habituelles :

  • Tes mains convertissent plus efficacement que les siennes. Joue la partie. Gagne tour après tour sur l'efficacité et ne complique pas les choses.

  • Ses mains convertissent mieux que les tiennes et il est agressif. Réduis la valeur de ses tours. La disruption et les outils défensifs t'apportent plus ici que d'essayer d'aller vite.

  • Ses mains convertissent mieux que les tiennes et il est défensif. Déplace la valeur vers les tours futurs plutôt que de la dépenser maintenant. Les tours de mise en place qui accumulent de la valeur pour un plus gros tour ensuite privent un adversaire défensif de la chance de bloquer efficacement.

  • Ses effets « on hit » te détruisent. Ajoute des réactions de défense ou de l'armure supplémentaire, ou joue autour. Parfois le correctif n'est pas une carte du tout, juste le fait de ne pas laisser de carte dans ton arsenal quand tu sais ce qui s'en vient.

  • Il y a une faiblesse précise à attaquer. Cherche des cartes tech qui s'alignent contre la partie la plus forte de son deck plutôt que des cartes bonnes de façon générale.

Le fil conducteur : identifie ce qui te bat réellement avant de décider quoi ajouter. La plupart des erreurs de sideboard viennent de l'ajout de cartes qui répondent à un problème que le matchup n'a pas.

 

La stratégie compte plus que le choix de cartes

Ces corrections sont logiques et fonctionnent habituellement, mais ils peuvent se retourner contre toi quand ils diluent trop ton plan. Des cartes défensives ajoutées contre un deck agressif ne valent rien si elles te coûtent les tours offensifs qui te gardaient en vie. Parfois, la bonne réponse contre un deck punitif est de cesser complètement de bloquer et de convertir aussi fort que possible.

Les cartes ne font pas tout le matchup. Ta façon de jouer est souvent tout aussi importante, et la réponse est généralement une combinaison des deux. Une bonne façon de la trouver est d'essayer des approches extrêmes et de voir ce qui bouge :

  • Convertir complètement en attaque chaque tour et ne jamais mettre de carte dans l'arsenal.

  • Alterner entre petites et grandes mains pour contrôler avec quoi tu peux bloquer.

  • Bloquer chaque effet « on hit », peu importe le coût.

  • Jouer le plus défensivement possible et essayer de le fatiguer.

Aucune de ces approches n'est probablement la ligne optimale, mais elles t'indiquent dans quelle direction le matchup veut aller, et la meilleure approche se situe habituellement entre les deux. Ce que tu apprends ici alimente aussi ton choix des cartes de sideboard.

 

Bâtir 60 cartes qui sont idéales pour un matchup

Pour les héros que tu prévois affronter le plus souvent, ou ceux qui te donnent le plus de fil à retordre, essaie de bâtir un deck entièrement dédié à battre ce seul deck. Ignore ta stratégie de base et bâtis la meilleure liste possible pour ce matchup unique.

Ça fait deux choses. Ça te dit si le matchup est gagnable tout court. Si tu ne peux pas battre un deck même en y consacrant tes 60 cartes au complet, aucun sideboard ne va régler ça, et tu devrais soit accepter la perte et te concentrer ailleurs, soit reconsidérer ton héros. Ça te montre aussi quelles cartes comptent vraiment contre lui, et approximativement combien d'emplacements de sideboard le matchup demanderait.

Une fois que tu as trouvé 60 cartes idéales contre chacun des decks du top, compare-les. Les cartes qui apparaissent dans chaque configuration forment ton core. À partir de là, compte combien de cartes il te faudrait au total pour couvrir toutes ces configurations : tu vas dépasser largement les 80 que le format permet. C'est correct comme état de travail. Beaucoup de joueurs testent avec 85 à 90 cartes jusqu'à l'approche d'un événement, puis resserrent. L'avantage, c'est que tu peux essayer une nouvelle carte sans devoir d'abord résoudre le casse-tête de quoi couper. Détermine d'abord si une carte mérite de l'espace, parce que trouver l'espace est le problème le plus facile et il peut attendre.

 

Commence par l'équipement

Quand tu bâtis des desck de 60 cartes idéales pour un matchup, ça inclut l'équipement, et l'équipement est habituellement là où tu devrais commencer.

L'équipement commence en jeu, donc il affecte chaque partie où tu l'utilises. Une carte de deck ne t'aide que si tu la piges, et dans une partie rapide, souvent tu ne la pigeras pas. Ajouter une seule carte défensive contre un adversaire agressif peut ne rien faire du tout : tu risques de ne jamais la voir, et même quand tu la vois, elle te donne un peu plus de défense que la carte qu'elle a remplacée. Échanger une pièce d'équipement pour une autre change ton ta défense dès le premier tour, pour un seul emplacement de sideboard.

C'est un bien meilleur rendement. L'équipement est aussi plus facile à sideboarder correctement, puisque tu compares deux pièces à une position fixe plutôt que de chercher quoi couper dans tes 60 cartes.

 

Les cartes tech bleues

Il y a une autre façon de répondre à un matchup sans dépenser d'espace de sideboard : trouver ta réponse dans une carte bleue et la jouer dans le deck principal.

Le coût est faible. Les cartes bleues sont d'abord là pour payer tes tours, donc échanger une bleue pour une bleue un peu moins bonne qui fait aussi quelque chose d'utile change à peine la qualité de ton deck. C'est encore plus vrai quand la carte pare toujours pour 3, puisque les bleues en surplus finissent généralement par parer de toute façon. Tu obtiens un outil de matchup pour presque rien.

Ça a une conséquence sur la façon de bâtir ton sideboard. Si une carte tech bleue peut vivre dans le deck principal comme partie de ta base de ressources, elle ne devrait pas occuper un emplacement dédié. Réserve ton sideboard aux cartes moins flexibles mais à plus fort impact : les rouges et les équipements. La plupart des decks devraient donc regarder principalement du côté des options rouges pour le sideboard, les decks très chargés en bleues faisant exception.

Une nuance : certaines cartes tech bleues ont 0 en défense. Celles-là peuvent quand même aller dans le deck principal pour sauver de l'espace, mais le coût est réel, puisqu'une carte qui ne peut pas bloquer est une pige nulle lors des tours défensifs. Quand tu as la place, celles-là appartiennent au sideboard.

 

Bâtir tes 80 cartes

Une fois que tu connais ta configuration idéale pour chaque matchup important, le travail devient de l'élagage. Un deck idéal de 60 cartes en fait trop. Tu as peut-être eu un matchup favorable avec douze cartes défensives, puis tu découvres en testant davantage que six cartes donnent presque le même résultat, ce qui libère six emplacements pour le reste.

Élague systématiquement. Change un petit nombre de cartes à la fois et observe à quel point le matchup bascule. Quand deux cartes se disputent le même emplacement, une bonne habitude est de jouer l'une et de te demander comment tu te sentirais si tu avais pigé l'autre à la place. Cette comparaison t'apprend plus que d'évaluer chaque carte séparément.

Ce que tu mesures réellement, c'est l'effet de chaque carte sur ton taux de victoire global, ce qui dépend de trois facteurs qui agissent ensemble :

  • Dans combien de matchups elle est bonne. Une carte qui entre contre plusieurs héros vaut plus qu'une carte qui n'entre que contre un seul deck.

  • À quel point elle est meilleure que ce qu'elle remplace. Une carte qui ne fait bouger un matchup que légèrement ne mérite pas un emplacement, aussi bonne qu'elle paraisse.

  • À quelle fréquence tu prévois affronter ce deck. Les résultats de tournois récents te donnent un portrait du champ élargi, mais pour un événement local, ça vaut la peine de savoir ce que les joueurs de ta région jouent réellement.

Le plus gros gain d'efficacité vient des cartes qui fonctionnent dans plus d'un matchup. Parfois, le bon choix est de laisser tomber la réponse parfaite de tes 60 cartes idéales au profit d'une carte simplement assez bonne ici, mais qui fait aussi un travail ailleurs. Deux cartes « assez bonnes » qui couvrent quatre matchups battent habituellement deux cartes parfaites qui en couvrent deux. C'est le chevauchement qui transforme un paquet de sideboard qui semble marginal carte par carte en une utilisation vraiment solide de l'espace.

 

Tes 80 cartes finales

Ton nombre de cartes rétrécit à mesure que les tests avancent, mais rien ne presse. Beaucoup de joueurs restent à 83 ou 85 cartes jusqu'à une ou deux semaines avant l'événement, puis font les coupes finales.

Le moment venu, étale les 60 cartes que tu jouerais réellement pour chaque matchup, et place à côté les cartes que tu ne joues pas. C'est dans cette deuxième pile que se trouve l'information utile. Si elle contient des cartes que tu jouerais dans ce matchup, coupe une de ces cartes au profit de quelque chose qui aide ailleurs. C'est une des façons les plus faciles de trouver les dernières coupes.

Fais l'exercice pour chaque deck du format.

Les coupes finales sont les plus difficiles, parce qu'elles viennent avec de vrais compromis. Tu vas souvent constater que tu peux contrer un type de deck ou l'autre, mais pas les deux. Quand ça arrive, évalue à quel point les cartes restantes ont de l'impact et dans quel matchup tu préfères jouer. L'instinct pousse à consolider ton pire matchup, mais transformer un matchup correct en matchup favorable peut valoir plus au total. Ton objectif est ton taux de victoire, ce qui n'est pas la même chose que de corriger tes points les plus faibles. Si tu n'as pas trouvé de carte qui améliore vraiment un matchup, il est généralement juste de laisser tomber ces cartes et d'investir les emplacements ailleurs.

Une fois tes 80 cartes fixées, revérifie que tes matchups importants tiennent toujours la route. Si tes tests ont été rigoureux, ça demande rarement plus d'une ou deux parties.

Enfin, refais ce processus pour chaque tournoi, même rapprochés. Le métajeu bouge, et tes propres évaluations changent selon ce que tu as appris au dernier événement. La bonne nouvelle, c'est que ça va beaucoup plus vite la deuxième fois, puisque tu connais ton deck par cœur et que les changements sont habituellement mineurs.

 

Core versus sideboard

Tu auras remarqué que cette série parle constamment de decks de 60 et de 80 cartes, et très peu de la façon de trouver le core de ton deck. C'est volontaire.

Une bonne façon de voir les choses : tu n'as pas un deck principal et un sideboard. Tu as 80 cartes qui te permettent de bâtir des decks 60 cartes différentes pour chaque matchup. Le core, c'est ce qui se retrouve dans toutes ces configurations, ou dans toutes sauf une. Le sideboard, c'est ce qui entre et sort. Ces deux termes décrivent un deck terminé plutôt que des étapes pour en bâtir un, et elles émergent d'elles-mêmes une fois le travail fait.

Dès qu'un joueur décide qu'une carte fait partie du core, il cesse souvent d'envisager de la couper, même quand la couper améliorerait un matchup. La bonne question n'est jamais « est-ce une carte de core? » mais « est-ce que cette carte devrait être dans mes 60 cartes contre ce deck? ». 

Raffiner le processus

Un deck n'est jamais terminé, et ta méthode pour en bâtir un non plus. Les concepts restent stables avec le temps, mais le processus autour d'eux continue de se raffiner à mesure que tu l'utilises.

C'est là que réside la vraie valeur de lire la méthode de quelqu'un d'autre. Prends les parties qui correspondent à ta façon de penser, laisse tomber les autres, et laisse ton propre processus se développer à partir de là. La construction de deck est l'une des façons les plus gratifiantes de s'investir dans Flesh and Blood.

 

Source: https://fabtcg.com/articles/masterclass-deckbuilding/